Poésie Trois (3) poèmes de Jean Diharsce

Trois (3) poèmes de Jean Diharsce


L’ombre s’est penchée un peu plus que de raison.
Des enfants obliques s’étirent sur les murs.

Une femme
inconnue
me parle des blessures passées et de l’ignominie.

C’est un dimanche de juin qui termine son jour en s’essuyant le front.

Il a été beaucoup ri sur le revers des fleurs sauvages,
il ne fut plus en rien question d’éclabousser les larmes.

Un sourire parfois qui dessine une main.

J’ai gardé le silence.
Le demi-jour me convient bien.


C’est donc cela aimer
C’est donc cela le jour.

Au bout de tant de temps et de vies, de corps, effleurés, un instant ou plus longtemps parfois, alors qu’on ne croit plus au réel de ce verbe (et le bonheur avec), se laisser envahir totalement par un autre qui vient vous habiter, vous complète et vous apporte enfin tout ce qu’il vous manquait, sans qu’il en soit prison ou même dépendance, et qui devient le plus, le seul mieux qu’il vous reste à partager peut-être.
C’est ce frisson qui vient au bout d’un doigt tendu et vous montre le vent qui prend juste une place entre un ciel qui se couche, rouge, et la nappe de brume en foulard sur la vague, de l’émotion, ensemble, sans cesse répétée, du beau en farandole partout où la vie lève, du rire des enfants qui se courent la main, au sanglot qui vous monte devant l’inadmissible, cette larme à sa joue qui vous fait différent.
C’est ce mal qui vous prend, comme un sanglot en boule, quand la fête s’achève, pour repartir plus tard (peut-être, qui le sait ?), que vous gardez en vous quitte à s’en étouffer ce trop-plein de désir de rester dans des bras, car vous savez déjà que les couleurs des jours qui demeureront belles, seront un peu moins vives et moins bien dessinées -vous les raconterez comme on fait un poème- ou qu’on entrouvre un livre.
Juste un rien qui fait vivre et qui n’est pas un mot lorsque vous le savez.

C’est donc cela aimer.
C’est donc cela le jour.


À flamboyer ainsi, même dans la pénombre,
on s’extrait du commun en effaçant la nuit,
plus on se sait fragile, plus on essuie le sombre,
on défait le silence en déchirant l’ennui.
Il est de ces défis à ne pas disparaître,
des graines que l’on sème à inverser le temps,
en ces lourds jours de mort, choisir celui de naître
ramasser les pétales et les jeter au vent.
Je vivrai plus longtemps en ne me cueillant pas,
en me laissant ici être amant des abeilles,
des papillons, parfois, qui me laissent en veille.
Ami, je suis symbole et le roi des merveilles,
on m’a sauvé du temps où les blés étaient ras,
et si je vis demain, c’est toi qui survivras.

©️ Jean Diharsce

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