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« Saison des verbes courts » de Maurice Cadet


Charnelles partitions

Dans la fumée des combustions lentes
Les murmures saccades tressautent
Autour des instances d’accouplement
En suivant d’impudiques schémas.
Ô écartèlement lubrique des fusionnelles fiestas
Géométrie enchevêtrée de tendres amours.

Connivence

Sans lampion les dires d’amour grisonnent
Le verbe fuse dans la discrétion du clair-obscur
Instances hachurées de doucereuses perversités
Les persiennes des maisons closes
S’échangent des œillades
bordéliques

Barricade

En vain
Les mots survivent
La grille est close
Les pages sont tristes
Sans lignes tracées et sans esquisses apparentes
Volubile l’existence exhale une odeur
D’encre violette

Impression, pluie tombante

Sous un ciel plafonné
De tôles d’aluminium
Il pleut du sel en grains
Il pleut du sable dans les regards

Légendaire kandjanwou

Des trésors jadis enfouis
Jarres à ras bord de médailles d’or
Enterrées sous les terres amères
Avec les malles des galions naufragés
Aujourd’hui fouilles de nuit
Richesse créole et branches mortes en fumée

Éphémérides

Jour après jour
Les solaires atours des êtres
Envahissent les compteurs de la durée
Et sables fins et aiguilles trotteuses
S’amalgament en toute candeur
À l’infini boulier de la marchande
Des sucres du quotidien

Fuite

Des miasmes de mots
S’évadent des orgasmes
En aguichant
Désirs et soupirs.
Pause à l’ombre des bosquets touffus
Dans d’étroits vocables
Les aurores attendront

Cantate

Pêle-mêle dans la bourrasque
Les cathédrales flambent comme rubans au vent
Délires des tessons de vitrail
Teintes campêches ou nuances empourprées
En tout temps les carêmes rougissent
Les bas quartiers de la bien-aimée

Couloir

Sans bruit
dans le corridor aux condors
le vent la brume et les crachins
décrêpent la chevelure moite
des collines crépues

Bord de mer

Languissante lagune
les algues aux senteurs de gros sel
boucanent la liberté des sens
escaladées les dunes volcaniques
du corps aimé
fument
un calumet d’amour et de paix

Simbi nan dlo

Sur les froufrous dormeurs
Des eaux satinées
Se bercent
Les ondines
gluantes
d’ondes lascives

Crépusculaire

À la cadence des vagues
Pivotent les réjouissances de l’œil
Affriolante
Une seiche aux mille bras
S’enroule dans la mouvance bleutée
De la cotonnade mouillée
Mirifiques Tropiques

Maurice Cadet, Poèmes inédits

N.B. : Ces courts textes inédits de Maurice Cadet, ont été confiés en toute exclusivité à Raynaldo Pierre-Louis, en version tapuscrite par la main de l’auteur en vue d’une publication sur notre plateforme avant son départ pour l’au-delà. Publier ces poèmes est sans aucun doute une dernière tentative de lui rendre hommage et du même coup pérenniser son nom à travers cet espace dont l’objectif est d’accorder librement la parole aux écrivains d’horizons divers.

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