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Puissance de la douceur – par Julien Miavril


Suarès, Levinas, Dufourmantelle, Derrida…sont autant de penseurs qui ont fait l’éloge de la douceur en en montrant la puissance insoupçonnée et le pouvoir de guérison sans limites. Contre l’idée selon laquelle la force serait le déploiement, au dehors, d’une énergie de transformation qui marque en profondeur l’objet ou le sujet sur lesquels elle s’exerce ; ces penseurs soulignent au contraire que la force propre de la douceur est qu’elle n’exerce aucune contrainte, mais forme un acte de générosité et d’hospitalité pur. Un être qui fait acte de douceur à l’égard d’un autre être le reconnaît tout à la fois dans sa vulnérabilité propre et dans son altérité irréductible et transcendante. La douceur, ainsi, n’aliène, ni ne force, mais s’offre et s’ouvre dans son déploiement sacral comme une fleur qui viendrait à s’ouvrir en l’absence du soleil. À ce titre, la caresse apparaît comme une offrande, un don pur, un acte de grâce à travers lequel les corps se mêlent, dans la douceur précisément, et se confondent au-delà de leurs limites. Il ne peut y avoir d’amour sans douceur, c’est-à-dire sans la possibilité de reconnaître à l’être aimé sa qualité de sujet souverain sans le réduire à un objet de désir, car la véritable souveraineté ne se mesure pas au pouvoir d’emprise que l’on exerce sur un autre, mais à la capacité de se donner et de s’abandonner dans la douceur, la confiance, et au refus d’exercer sur lui toute forme de pouvoir et d’appropriation. La douceur est donc peut-être l’essence, en même temps que la manifestation, de toute forme d’amour authentique. Et il revient d’en faire l’éloge et de souligner qu’elle est le véritable visage de la force, là où trop souvent, on confond encore la force avec un acte appropriant de monstration et de démonstration qui en dénature, en vérité, la véritable portée.

Julien Miavril

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