+50942978675

contactplimay@gmail.com

Petite Fleur du Ghetto : Petite radiographie de nos cruelles cités


“Chaque coin
est une instance de mort
le quartier froid
dans ce concert
de coups de feu”. (p.9)

“Il pleut
des bijoux de malheur
si pressés
de cribler des corps

La saison
se nomme
assassin”. (p.13)

La mort court et coule de l’arme aux poings de l’enfant qui apprend à s’inventer un avenir de truand ! Moi, toi/unis/ comme un flingue/et la main de ce gosse. Et c’est la faute à la ville, aux décideurs qui participent de la débâcle !

Ailleurs, dans le texte, il pleut des balles, il pleut des rafales, il pleut des corps renversés par les crosses et sous les coups dorés de la mitraille. Le poète a vu clair. Il a vu : le regard nu et triste, la mort élire domicile ! Il a sans doute vu les villages et cités faire le commerce prolifique de la mort! Le doigt dans l’œil, aujourd’hui !

“Je ne savais pas que ce neuf millimètres
allait partir
en sanglots
pour cueillir le flamboyant
du corps de cet homme”. (p.41)

Une atmosphère de mort et de violence armées parcourt le texte et c’est presqu’une dominance. Les réseaux lexicaux, si ici besoin est, rappellent la déchéance omniprésente représentée par l’idée de la violence, de la misère, des privations. Le thème de la violence armée regroupe les termes : calibre, chanson de canons, se brise l’aventure du souffle, instance de mort, cribler, crime, flingue, neuf millilitres…

Jean d’Amérique pleure aussi sa mère, quand un camion /leva le voile/sur ta fin, une amie (la voix de Bob Marley/ ignore/que tu ne vas plus la respirer) et d’autres inconnus. Il fait par ailleurs allusion au drame du 12 janvier 2010 ainsi conclut-il le recueil.

“Il suffit au temps
de marquer quelques pas
pour que petite terre soit plateau où pullulent des cadavres”. ( p.69)

Petite Fleur du Ghetto a reçu la mention spéciale du prix René Philoctècte de la poésie (2015) et constitue le premier recueil de l’auteur. Il a été publié par Atelier Jeudi Soir en 2015 et traduit par Erickson Jeudi en créole haïtien.

James Stanley Jean-Simon

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Post