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« Non-assistance à Poésie en Danger » : une lecture politique de la réalité


Ricardo Boucher, poète de gauche et éducateur populaire, colporte, depuis quelques temps, une parole libératrice, un appel à la force explosive des murs comme dispositif communicationnel pour s’insurger contre la vile condition humaine des masses populaires. Dans la perspective de donner espace à cette parole libre et revendicative, Plimay est allé à sa rencontre pour comprendre sa lutte sociale et entrevoir l’univers de sa poétique révolutionnaire.

Plimay : Ricardo Boucher, vous êtes poète de gauche, marxiste décolonial, militant de l’organisation progressiste révolutionnaire MOLEGHAF. Si vous devriez vous présenter, que nous diriez-vous de plus ?

Ricardo Boucher : Je dirais que je suis un grand amoureux de la sociologie, de l’éducation populaire, de la géopolitique, du hip-hop, de la culture et rien de plus.

P : Non-assistance à Poésie en Danger, qu’est ce que c’est, effectivement, cette parole revendicative, révolutionnaire qu’on  entend et voit figurer partout sur les murs de Port-au-Prince ?

R.B. : Non-assistance à Poésie en Danger, c’est une lecture politique de la réalité.
Un mouvement de poésie murale qui s’inscrit dans la perspective de l’éducation conscientisante. Ce que j’appelle, l’éducation populaire. À travers Non-assistance à Poésie en Danger, il m’arrive de confronter au jour le jour cette parole porteuse de revendication commune à mes propres actions.

P : Vous utilisez la poésie dans la perspective d’une lutte sociale. La poésie, serait-elle vraiment un outil efficace pour mener un tel combat ?

R.B. : La poésie porteuse de cause collective, peut être l’un des outils efficaces, parce qu’il n’y a ni distanciation sociale, ni distanciation physique qui existent entre elle et ce que vivent les masses exploitées, d’ailleurs, c’est à partir de là qu’elle affronte sa crise existentielle. Si vous prenez intelligemment le recueil de poèmes Biswit Leta de Georges Castera Fils, vous pouvez voir que c’est un chant populaire, un manifeste de transformation sociale radicale. Maintenant, c’est aux organisations progressistes révolutionnaires de le rendre accessible à tous les militants, au peuple souverain, mais dans un schéma de formation idéologique, de conscience de classe.

P : Le poète engagé est en quelque sorte un porte-parole qui dénonce les maux de la société. Alors, selon vous, quel rapport entretient la poésie avec le réel ?

R.B. : Si vous avez l’habitude d’aller au marché Croix-des-Bossales, au marché Salomon, si vous avez l’habitude de constater les petits marchands quasiment de rien du tout qui se promènent dans tous les coins de rue de Port-au-Prince, il ne sera pas tellement difficile pour vous de saisir le rapport qu’entretient la poésie avec le réel comme vous dites. C’est juste un travail d’observation critique.

P : Pablo Neruda, dans son célèbre poème Le chant général parle ainsi de son pays : « Si je devais mourir cent fois, c’est là que je voudrais mourir et si je devais naître cent fois c’est là aussi que je veux naître ». Est-ce que votre lutte s’inscrit aussi dans une dynamique d’attachement et d’amour à votre pays ?

R.B. : Je suis anti-impérialiste, anti-capitaliste, anti-bourgeois. Cela me pousse sans modération aucune à être solidaire à tous les peuples opprimés. À tous les prolétaires du monde entier. Je suis pour la solidarité totale entre les humains. Comme mon grand camarade Jacques Stephen Alexis, je suis internationaliste. Après, je suis mon pays. Donc, je ne peux oser me détester.

P : Des poètes qui ont influencé votre démarche poétique ?

R.B. : J’aime tous les poètes. Et je pense qu’ils m’ont influencé d’une manière ou d’une autre. J’aime la poésie, la poésie c’est tout le monde.

On reste debout à bord du poème humain.

Propos recueillis par Cherlie Rivage

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