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Mon auteur.e – Sry-Lanka Sanon : « Mon rapport avec les livres, une histoire d’amour »


Sry-Lanka Sanon est une jeune fille de 22 ans, étudiante en médecine à l’Université d’État d’Haïti. Elle est originaire de Marigot, commune du feu écrivain Emile Célestin Mégie, une cité paradisiaque dans le département du Sud-Est d’Haïti. Passionnée de lecture et d’écriture, Sry-Lanka Sanon est rédactrice, bloggeuse, fondatrice et coordonnatrice de la structure culturelle « Kreyòl La Bèl ». Sa complicité avec les livres est d’un amour parfaitement abstrait, une histoire d’amour, dit-elle. « Les livres qui parlent de sexe, je les trouve irrésistibles. D’ailleurs ce sont mes préférés. » Le roman, « Les enfants des cyclones » de Ronald C. Paul est sa lecture du mois.

 « Les enfants des cyclones » est publié en 2014, aux éditions le Soupirail. Ce roman comptant 272 pages, a reçu le prix Ethiophile en 2015. « Ce livre parle de la vie mouvementée d’une famille entre 1986 et 1998. Cette dernière a tout perdu, à la suite du passage d’un cyclone. Les enfants des cyclones, Willia et Willio qui ont vu le jour dans une période cyclonique, ont perdu leur maison, leur mère et leur avenir au passage de Gilbert », raconte Sry-Lanka après son interaction dialogique avec le texte.

Cet évènement mélancolique a déstabilisé les survivants de cette famille. Une destination inconnue et incertaine, c’est l’idée du protecteur des deux enfants. « Wilner, leur père, va tenter de tout réparer. Entre larmes et sueurs il prend la seule décision qu’il peut encore : partir. Partir loin de cette terre, cette campagne qui a pris sa chère et tendre femme. Ce voyage vers Port-au-Prince va être le plus long voyage de leur vie sur toute la ligne. Entre instabilité politique, violences, cyclones, injustices, prostitutions et désespoir, la vie de ces personnages reflète la réalité même du pays », a poursuivi la native de Marigot en suivant de près la progression du récit.

La vie à Port-au-Prince n’est pas une béatitude pour Wilner. Pas de Jardin des délices pour ce personnage dans sa quête « d’une vie meilleure » pour ses fils.  « Arrivés à Port-au-Prince, dans un tumulte de désespoir, ils s’installent dans un bidonville nommé « La cité de Dieu ». Dans cette cité où Dieu ne passe jamais, il est obligé de vendre des casquettes et du « fresco » pour assurer l’éducation de ses enfants ». Cette situation critique lui a forcé à placer Willia en famille d’accueil, qui est censée lui assurer une meilleure éducation. Willio se sent abandonné et commence à fréquenter des enfants de la rue. Avec ses nouveaux amis Tiklod, Zoreken, Franckel, Willio devient un bandit et travaille pour un réseau de gang, a-t-elle expliqué. Quant à Willia, elle va certes à l’école mais elle est maltraitée et violée par Jerôme. Leur père a été tué lors d’une fusillade dans la cité.

En somme, Sry-Lanka Sanon croit que « cette œuvre est une leçon de vie. J’ai pu comprendre que les bandits sont des enfants des rues qui grandissent et que Port- au-prince n’est pas mauvais, les gens non plus ne sont pas dangereux, mais c’est la misère qui est cruelle.  Alors on fait quoi » ?

Sry-Lanka suggère ce livre à d’autres lecteurs pour bien des raisons. Premièrement, ce livre parle de nous, de notre propre réalité. L’image d’un pays où l’injustice est de mise, dit-elle. Deuxièmement, il nous aide à sortir de l’ordinaire. Qui a pris le temps de lire un livre qui parle de cyclones ?  En dernier lieu, il nous apprend également à espérer. « Même dans les moments les plus sombres, ou même dans la cité où Dieu semble hachuré de sa carte, il y a de l’espoir. Partout où il y a des hommes, peu importent leurs conditions de vie, il y a de la folie. Et enfin, pour le style d’écriture, c’est merveilleusement poétique, esthétique.

Walner Olivier

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