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Mon auteur.e – Melissa Beralus : « Lire est un acte politique »


Pour ce numéro, notre rubrique  propose de découvrir  Melissa Beralus et son auteure du mois. C’est une jeune femme qui fait du mouvement  féministe son engagement particulier, par  la conviction de participer à un combat plus grand qu’elle, pour le bien-être de l’humain et l’abolition des entraves du genre, de race, de couleur et de classes sociales. Sa plus grande passion c’est d’abord de vivre. 

Melissa Beralus a fait des études aux beaux arts à l’Ecole Nationale des Arts. Elle est peintre, et à cette affirmation point besoin de se demander si elle a déjà fait une exposition de ses œuvres, puisque celles-ci ne font pas un artiste. Cependant, elle est surtout connue pour sa carrière d’animatrice de radio et son implication dans le milieu littéraire haïtien. Membre de l’Atelier Jeudi Soir depuis 2014, elle a publié dans  l’anthologie des poètes de cet atelier et d’autres textes dans les colonnes du Nouvelliste. En 2016, elle a publié son premier titre personnel « Ala rive lavi », un poème fleuve paru chez C3 Éditions. Depuis elle a pris du temps pour s’investir plus profondément dans le féminisme et dans la promotion de la lecture. Par son amour pour  la peinture elle a entrepris des études en Histoire de l’Art à l’Université d’État d’Haïti.

Avant d’être lectrice, Melissa Beralus est cinéphile. C’est devant le tome 1 de la saga ” Le Seigneur des Anneaux ” qu’elle va découvrir la joie de la narration, la magie des histoires captivantes, la force des répliques et surtout la construction de personnages forts et marquants. Elle n’était à cette époque qu’une enfant et les seules lectures qui faisaient son quotidien étaient celles de son livre de grammaire. Quelques années plus tard elle va  tomber sur le livre ” Le Seigneur des Anneaux ” et finir les deux autres tomes : ” Les deux tours ” ainsi que ” Le retour du roi “, bien avant de voir le film. Même expérience avec ” Les trois mousquetaires ” et le conte de Monte Cristo. Le cinéma avait ouvert ses horizons sur la science-fiction, la fantaisie et la magie. La littérature quant à elle lui a permis de découvrir la poésie qui fut pour elle salvatrice. 

Il  n’y a en Haiti de confinement que pour ceux qui peuvent se le permettre. Et Melissa Beralus doute que ceux-là aient le même rapport à la lecture qu’elle, considérant la lecture comme un acte politique. Il est à souligner que les guerres idéologiques sont aussi marquantes, importantes et violentes que les guerres physiques (le racisme, le machisme sont avant tout idéologiques par exemple). La lecture est donc l’armurerie où elle puise les armes pour mener sa bataille et rentrer en discussion avec d’autres auteurs.es. En ce moment elle est avec Evelyne Trouillot. Revenant sur son celèbre roman ‘’ Rosalie l’infâme ’’. Elle rappelle que l’auteure était l’invitée d’honneur de cette édition 2020 de Livres en Folie. Ce texte, pour elle, est très important dans la littérature haïtienne. Si nos classiques ont immortalisé les héros mâles de l’indépendance, il a fallu attendre ce roman pour que la révolution haïtienne soit également féminine. En effet, l’auteure parle des ” marronnes ” , des femmes qui se font avorter et font avorter les autres, bref de toutes les formes de résistance que les femmes de la colonie ont prises. 

Melissa Beralus recommande ces livres à l’Éducation Nationale  :  Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain, L’espace d’un cillement de Jacques Stephen Alexis, Rosalie l’infâme d’Evelyne Trouillot. Ces ouvrages, devraient selon elle constituer un triptyque de lecture inévitable dans le programme de littérature haïtienne. En outre, elle propose d’autres titres qu’elle aime et qu’elle  pourrait conseiller : L’immortalité de Milan Kundera, La ligne verte de Stephen King, Le bout du monde est une fenêtre d’Emmelie Prophète, L’heure Hybride de Kettly Mars, Le féminisme décolonial de Françoise Verges, Ces îles qui marchent de René Philoctète et pour finir l’anthologie des poètes de l’Atelier Jeudi Soir. 

Pour conclure, Melissa Beralus lance un appel aux jeunes : Sachez le bien : Lire est un acte politique, écrire est un acte doublement politique. Lisez, indignez-vous, remettez tout en question, écrivez et soyez toujours insoumis.e.s  ! 

Cherlie Rivage

1 commentaire pour “Mon auteur.e – Melissa Beralus : « Lire est un acte politique »”

  1. Avatar Pascal Fatima dit :

    Elle est vraiment une belle dame avec la tête bien pleine félicitation ma très chère Mélissa bonne continuité .lire est un acte politique j’adore cette phrase et c’est vrai

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