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« La Boutique du bourreau de mon rêve » ou le cri d’un humaniste


« L’altruisme et l’entraide devraient être les valeurs vraies sur lesquelles fonder toute société. »

Après la lecture d’un roman, l’histoire demeure. Du moins, c’est l’avis des lecteurs acharnés de romans. Mais, lire « La Boutique du bourreau de mon rêve », et c’est une autre version du lecteur acharné qui prédomine, qui prend le dessus. Il s’agit d’ une analyse de soi, une réflexion, une recherche de culpabilité…

Ce premier roman de 127 pages de Getchens Mathurin, paru aux Éditions Jets d’Encre, agrippe  le lecteur dès les premières lignes. Celui-ci est transporté rapidement au quartier des nègres fragiles sur le point de faire la connaissance du fameux bon samaritain P. Mathieu, boutiquier altruiste, dont l’âme vertueuse va doucement mais fermement produire chez lui une sensation de non retour.

À un moment donné de notre histoire la haine et la violence envahissent les cœurs, le capitalisme place l’être humain au-dessous de sa vraie nature, laissant couler dans ses veines, un flot de sentiments mondains qui se baladent dans les couloirs obscurs d’un royaume maudit. À une époque où les plus nobles sentiments ont été ensevelis, ce livre s’est donné pour mission le réveil de l’âme esclave du mal.

Quelle idée a pu pousser l’auteur à choisir ce personnage de Monsieur Mathieu ? Nous ne le savons pas. Mais une certitude, Monsieur Mathieu, ce boutiquier si aimant, est l’homme le plus influent de notre époque, de notre quotidien, celui-là même que chaque humain aimerait connaître, souhaiterait solliciter son aide, quelle que soit l’ impasse.

Monsieur Mathieu est la vertu incarnée. Il est cet haïtien dont l’existence humaine est trop précieuse pour négliger l’application des règles d’or. Monsieur Mathieu est ce compatriote haïtien qui rappelle aux hommes leur vraie mission : Vivre une vie saine pleine de belles choses,  savourer raisonnablement la courte existence.
« Que cette boutique après ma mort ne soit pas un instrument de bénéfice » ; « Ce que vous avez, ce n’est pas pour vous ; c’est pour votre prochain. » 
Un personnage rare en notre quotidien, pourtant tant espéré, tant désiré par chacun de nous. Les hommes sont devenus trop orgueilleux pour cultiver les bonnes choses. Mais demeure l’espoir qu’ils puissent changer. 
Les bonnes œuvres de Monsieur Mathieu ne le rendent pas invincible, ne lui garantissent pas sa sécurité. Bien au contraire, elles attirent rapidement les regards haineux du personnage si populaire de notre quotidien, le brillant criminel Foster. Ce dernier est devenu aveugle par ses farouches railleries. Mais les actions de Monsieur Mathieu vont le pousser à s’interroger avant de commettre l’irréparable :
« Puis-je enlever de la terre à quelqu’un qui tend une main d’amour aux enfants ? Ces êtres si fragiles qui ont besoin à la fois de notre protection et de notre affection. »

Mais cette prise de conscience n’a pu à elle seule, l’écarter de son dessein criminel. Allant jusqu’à incendier la boutique du bourreau de son rêve, l’âme de cet homme vertueux vibre à l’identique de celle d’un Caïn, cet homme pourtant symbole d’espoir aux lendemains de nègres fragiles.

Dans ses railleries, il a fait face à ce qui paraît être la porte de l’abîme d’une conscience de criminel repanti, où son esprit noyé dans les profondeurs d’une vie dénuée de sens, va délicatement se glisser dans les bras protecteurs d’une véritable version de l’humain: celui qui met en exergue les bonnes actions et qui profite d’une vie éphémère.

Au travers des pages de ce grand livre humaniste, on a pu découvrir l’importance des sages pratiques de la vie quotidienne. L’auteur utilise le roman pour composer son message, le parer, l’embaumer, le glisser sous l’oreiller du lecteur, l’emportant ainsi dans un rêve, à la rencontre du bourreau de son rêve.
Le lecteur, comme un Foster ému, se demande qui est son bourreau au sein de sa  ville, en son quartier… Cette question lui met la puce à l’oreille, et il cherche à se faire lui aussi, pardonner les mauvaises actions envers autrui. « La Boutique du bourreau de mon rêve » est un livre sacré, message d’un bon frère qui rappelle les siens à leur mission exhortant les humains à l’entraide.

« La meilleure façon de vaincre un ennemi, c’est d’en faire son meilleur ami. »
Dans les dernières pages du roman de Getchens Mathurin, cette citation si connue mais jamais appliquée par nombre d’humains, laisse transparaître sa véracité lorsque le brillant ex criminel et adversaire de Monsieur Mathieu, devient son véritable compagnon, celui qui va contribuer à redonner à la boutique sa fierté, ainsi que le  goût de sa mission.
On ne peut rien attendre de l’existence, ne rien extraire de la vie si l’âme n’a de vertu. 
Dans un monde où chacun pense pouvoir faire fortune et laisser en rade les plus pauvres, sinistre réalité hélas commune, le livre appelle chaque âme Foster à devenir un Monsieur Mathieu, à vivre dans l’amour et l’entraide, mettant ainsi au second plan, les railleries engendrées par le système capitaliste.

« La Boutique du bourreau de mon rêve » est le réveil du rêve de l’humain dans les couloirs obscurs d’un lointain pays, abandonnant les richesses de l’enfer humain, le trône du mal,  de l’existence bafouée, pour se réveiller en plein coeur d’une vie  de merveilles.

Une vraie perle, je l’avoue, ce livre, lecture vivement recommandée.

Davastruc Bruno Jean-David

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