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Jour 6 : « Aux éclaireuses du Verbe » et autres poèmes de Parme Ceriset


 

La Quinzaine de la Poésie Féminine est une série d’activités virtuelles visant à valoriser la création littéraire des femmes, notamment la poésie à travers le monde. Pour ce sixième jour de ce grand festival, nous partons à la découverte de la poétesse française Parme Ceriset, à travers ses trois poèmes : « Aux éclaireuses du Verbe », « Déesses mortelles » et « Capitaine Femme ».

Aux éclaireuses du Verbe

À toutes ces femmes qui nous ont ouvert la voie vers les étoiles,
Qui nous ont éclairées dans les ténèbres,
Amazones du Verbe,
Qui de tous temps et en tous lieux
Ont saisi leur liberté
D’écrire dans un monde d’hommes
La rose et ses piquants aux lèvres,
Parfois sous un prénom de feu
Aussi audacieux que “George”.
À ces reines de la féminité libre
Qui ont tracé pour elles et pour nous
Ce chemin d’ombre et de lumière,
Aux flambeaux d’Andrée Chedid…
À ces héroïnes de la différence
De Sappho à Frida Kahlo
Qui ont fait des particularités une chance,
Un porte-drapeau.
À toutes ces femmes qui rayonnent encore en nous
De Marceline Desbordes-Valmore aux sœurs Brontë,
De Marianne Cohn à Audre Lorde,
À leur courage d’indomptées,
À toutes ces immortelles qui coulent en nos veines,
Je dédie cette rose de femme
Et ma gratitude éternelle.


Déesses mortelles

En mémoire des sacrifiées,
Sous le soleil pleurant des rivières de rubis,
À toutes les femmes bafouées,
Roses maculées de sang bleu,
Jetées aux orties comme de vulgaires objets,
Par ceux qui ignorent leur règne auroral,
Leurs ailes pourpres de reines des cieux.
À toutes les victimes de la bêtise humaine
Propulsées dans les gouffres noirs
De la violence, de la sauvagerie,
Du sexisme et des hordes barbares,
Honte à vos bourreaux !
Qu’ils disparaissent à jamais
Dans les catacombes infâmes
Du non-sens qu’ils ont créé.
Je fais le vœu qu’aux firmaments indigos,
Vous soient offerts
Des bouquets de météores
Et des constellations entières,
En offrande à vos âmes nuages,
Héroïnes enfuies,
Déesses mortelles. 


Capitaine Femme

Certes je suis une femme
Mais je suis Capitaine,
Capitaine de ce royaume amputé d’une part d’Eden,
Capitaine de ce portail rouillé qui s’est refermé sur nos rêves,
Capitaine des brumes où renaissent les visages,
Capitaine des nouveaux sourires que je conquiers au cœur des vagues,
Capitaine des plaines où je chasse l’amour après l’orage, 
Capitaine de mes passions pour mes aimés
Au soleil de ma vie dont j’ai le gouvernail, 
Capitaine de mes victoires sur le sort,
Capitaine de mes disparus, de mes morts, 
Capitaine de mon bateau Vie,
Capitaine de ma part de liberté, 
Capitaine et soldat de lumière 
Dans la nuit.

Parme Ceriset | © La Plume Amazone


À PROPOS DE L’AUTEURE :

Parme Ceriset est une poétesse française contemporaine. Elle a exercé en tant que médecin hospitalier puis a été sauvée par une greffe des poumons après avoir passé quatre ans sous oxygène. Elle a fait paraître en 2019 le recueil N’oublie jamais la saveur de l’aube – Une Amazone contre la mort qui a fait l’objet d’une chronique dans la Cause littéraire. Elle a publié dans des revues et anthologies comme Le capital des mots, Lichen, Francopolis, l’Ardent Pays, Ressac, anthologie poètes en roue libre, numéro 88 de Traction brabant, revue Bleu d’encre, revue Cabaret. Elle est rédactrice à la Cause littéraire depuis novembre 2019. 

2 commentaires sur “Jour 6 : « Aux éclaireuses du Verbe » et autres poèmes de Parme Ceriset”

  1. Avatar Yves-Mary Fontin dit :

    J’adore la simplicité de sa plume.

  2. Avatar Philippe dit :

    Bravo pour ces vers Parme. Un bel hommage aux femmes.

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