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Jour 5 : « Trois jours » de Carole Carcillo Mesrobian


La Quinzaine de la Poésie Féminine est une série d’activités virtuelles visant à valoriser la création littéraire des femmes, notamment la poésie à travers le monde. Pour ce cinquième jour de ce grand festival, nous vous offrons une balade dans le sillage de Carole Carcillo Mesrobian, poète, critique littéraire, revuiste et performeuse. Ses poèmes évoquent ce déroulé d’un temps mort, d’une vie entre parenthèses, celle où le peur a figé l’avenir.


La chandelle presque plane

vivace encore 

dessine les volutes de ton corps sur l’absence de bruit

ta maison n’a plus de chemin

tu explores la nuit

comme la barque au creux de l’aube

tu es de celles qui demeurent

le safran du blé uni à l’horizon

une sentinelle éphémère

endormie de violence épaisse comme on se tait 

tu éclabousses les ombres et ramasses la pluie

ta trace est une traine

comme chaque instant t’empoigne

et fait ailleurs rêver son vol

dans les instants du ciel

il n’y a plus d’endroit où revient le sommeil

exactement comme on survit

au point central d’un seuil qui n’ouvre plus que sur l’espace

de ta disparition


ton triangle à l’envers mesure la trace pigmentée d’un volcan soufrière

tu te nommes   

d’une peau d’encre nue sur le ventre immaculé du vent

qui se soulève à chaque pli d’air 

froissé sous cette obstination de vie

où bruissent les quelques traces surnuméraires

de cette traversée du peuple vif femme

évaporé dans la géode cristalline

de ton regard

et cette terre obscure la glaise de ton corps

enfante l’espace des mondes

enceinte de ce qui bat de vie

à travers toutes tes dunes 

la carte flaque opaque de bruits lourds

des asservissements

avalés par les lianes de peau creuse de tes rêves


cette panse opaque

secouée comme un boulier démiurge

la mémoire

vrac et lourde

et ronde sur le flou de tes joues de labeur

sur le pli de ta bouche qui dit

dedans 

presque un murmure

le trait de la douleur

que tu avales 

comme distant des étoiles

lorsque tes mains de vie dévident l’impuissance

féroce et barbelée d’exister ailleurs

que dans l’envers

de l’aplat d’heures

à crasse démesurée te taire

dans l’obligation de ceci

avaler ta mémoire

de demie moindre ammoniaquée

femme

où comme rien 

on prie mourir 

plutôt qu’ailleurs


À PROPOS DE L’AUTEURE :

Carole Carcillo Mesrobian est professeure de Lettres Modernes et Classiques. Elle est poète, critique littéraire, revuiste et performeuse. Elle poursuit des recherches au sein de l’école doctorale de Littérature et Art de l’Université Denis Diderot. Elle est l’auteure de dix recueils de poésie, chez notamment les Éditions du Cygne, les Éditions du Littéraire, PhB éditions,  les éditions Transignum, Z4 éditions, et a participé à des ouvrages collectifs et à des anthologies.

Parallèlement elle publie de nombreux textes ainsi que des critiques sur des revues papier et numériques. Auprès de Marilyne Bertoncini elle co-dirige la revue de poésie en ligne Recours au poème depuis 2016. Elle est secrétaire générale des éditions Transignum depuis 2020, auprès de Wanda Mihuleac et d’Eva Gallizzi.

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