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Jour 3 : Trois poèmes de Flora Botta


La Quinzaine de la Poésie Féminine est une série d’activités virtuelles visant à valoriser la création littéraire des femmes, notamment la poésie à travers le monde. Pour ce troisième jour de ce grand festival, nous vous invitons à de découvrir l’écrivaine et poète Flora Botta.

I –

Il n’existe pas de lieu qui me contraint à rester, 

ou racine, m’élançant tel un cyprès, une flèche. 

Façonnée d’envolées qui me débordent et me dérobent, 

m’étirent et m’éloignent – je ne reconnais pas ce temps, 

la terre fanée d’aujourd’hui.

Craindre et violer le sol, poussière de traces, 

ces initiales composées de pierre et désormais perdues, 

ni la mère sait comment les saisir,

ni le fils qui vient de naître. 

Cette guerre que nous jouons n’est pas un jeu ; 

c’est le vertige d’où nous guettons notre abri, 

qui nous gagne, le premier. 


II –

Dans ce double ciel je suis née deux fois. 

Comment me recommencer

alors, rester,                  

un mot, 

habiter les autres,        

y  faire maison ?                         

Repartir. 

Comme une vague, m’effaçant dans les plis,

écume dispersée. Égarer mes traces, 

cet écho qui s’entremêle au sable, 

se répand. 

Comment comprendre et perdre ce lien violent, 

ce désir de disparaître et à la fois demeurer, 

ce désir de disconnaître, à la fois recomposer ?

Élément nouveau, architecture de l’eau. 


III –

Porter le ciel dans mes mains :

c’est le mot qui dévoile, 

cet été suspendu, 

goût de sel, eau

de sable – 

De la surface, parfois,

on voit – en transparence –

le monde éclore.


A PROPOS DE L’AUTEURE :

Flora Botta est née à Cagliari, en Italie. Après sa Maîtrise en Langues et Littératures étrangères à l’Université de Cagliari, en 2006, elle a déménagé à Paris où elle vit et travaille. Écrivain et poète, elle a mené des recherches à l’Université de Nanterre sur le rapport entre corps et littérature du corps, se spécialisant ensuite en études italiennes auprès des Universités La Sorbonne et La Sorbonne Nouvelle. Professeur certifié, elle a été rédactrice pour le site d’art et culture whipart.it et altritaliani.net et elle a également fait partie du collectif Tropique Noir. 

Son premier recueil de poèmes La nuit est le mensonge a été publié en 2017 (éditions Le Nœud des Miroirs). Pendant son voyage Amérique du Sud elle a tenu un blog, Tierra de Argento :  https://voyage841.wordpress.com/. Ses poèmes et ses proses ont paru dans des revues en ligne et papier telles que Le Capital des mots, Festival Permanent des Mots (FPM), Revue 17secondes, Poésie/Première, Revue Cabaret, Versante Ripido et Poesia, le blog de Luigia Sorrentino. 

1 commentaire pour “Jour 3 : Trois poèmes de Flora Botta”

  1. Avatar CARLO BORDINI dit :

    Grazie, Flora, per queste bellissime poesie.
    Carlo Bordini

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