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Jour 3 : « Je ne saurais » et deux autres poèmes de Josette Neisius


La Quinzaine de la Poésie Féminine est une série d’activités virtuelles visant à valoriser la création littéraire des femmes, notamment la poésie à travers le monde. Pour ce 3ème jour de ce grand festival, nous vous invitons à découvrir la poétesse française Josette Neisius.

JE NE SAURAIS

Tout s’en va, fuit et oublie.

S’oublie l’impalpable, l’inconstance

D’une vie qui passe, passe.

La foule danse, encore, autour de moi.

J’interpelle, saisis un rien …

Ethérée je suis semble t-il.

J’ai le désir de parler, crier

Vaine tentative, l’homme est loin, sourd,

Et je demeure seule, interrogative.

Autour de moi peu à peu, les absences,

Le vide de l’alentour, comme là , cet instant,

Comme si déjà, je n’étais.

L’ordre des choses s’impose, le désert

D’un alentour se raréfiant,

Et me voilà sur les rangs de l’ultime.

La vie imparfaite, sème un désordre

Dans l’âme écorchée, sans alternative,

Et défie avec précipitation cette mort.

Et pourtant, je voudrais…

Mais que serais-je que je pus ou ne sus être !

Quelles sont ces réponses qu’aucun livre n’ait fournies ?

De saintes écritures en sombres lectures,

De pages joyeuses en mélodrames poignants,

D’illustres auteurs en méconnus scribes,

Demeure ma page blanche,

Que je m’évertue à combler

Par l’intense qui vibre inutile.

Lucide, trop sans doute en cet univers

Où dominent l’à peu près, l’illusoire

Relation, s’étiolant dans l’immédiateté.

Je voudrais être l’autre, l’espace d’un instant,

Vivre cette insouciance, toucher ce néant

D’où l’émotionnel s’absente nonchalant.

S’abandonner à l’insouciance est un art,

Rire à l’indifférence d’un quotidien,

Fredonner à l’illusion d’un chant,

Je ne saurais faire !


PARFUM

Avide de senteurs,

Je hume, j’inhale, je sens.

A moi toutes les odeurs

Que m’apporte le vent !

Dans les rues déambulant,

Nez en l’air, il me vient soudain

Un parfum…

Un désir effréné, cette effluve

Suivre

Et que m’importe

Où mènent ces pas !

Qui est cette ombre

Dont je ne parviens 

A quitter le sillage ?

Qui est cet inconnu

Qu’une même senteur

A moi rassemble ?

Le voilà s’arrêtant,

Une femme embrassant ,

Enlacés tous deux,

Derrière une porte disparaissent.

Déjà oublié, mon appendice gourmand,

Guette sa prochaine exhalaison !

La brise complice ,

A mon nez glisse

Arômes fleuris

Que pimente quelqu’épice, et

Robes virevoltantes,

De parfums aspergées,

Dispersent effluves.

Vanille, patchouli, ylang-ylang,

Effluences boisées et j’en passe,

Se mêlent, s’entrechoquent,

Le tournis me donnent,

Me grisent, m’enivrent !

Assise à une terrasse,

L’arôme de mon petit café

Me dégrise,

De toute fragrance

Enfin me libère.

Je songe à ces fleurs

Au matin écloses,

Offrant leurs corolles

Afin que senteurs

Exhalent !

Beautés éphémères que parfum éternise !

Voilà que me  parviennent,

Divins, subtils fumets.

Senteurs provençales,

Bouquets de mets rissolant…

Je renifle délicieuses émanations,

Et soudain consciente

De l’excitation de mes papilles,

De ma faim naissante,

Délaissant les ruelles,

Guidée par mon odorat,

Je m’attable sous une tonnelle,

Et à ma gourmandise m’abandonne !!


BROUILLARD

Un brouillard lentement

Glisse, insidieusement

Entre une foi d’éternité

Et ma sainte liberté.

Confuse, et m’attardant

Sur des passés lointains, récents,

Dans un gouffre gourmand,

S’évanouissent du firmament.

Du rappel à l’oubli

Soudain me soucie,

Me découvrirais-je indécise

Ou mon âme sous emprise ?

Mes sentiments en cette brume noyés,

S’étiolent au gré de mes émois,

S’il m’est des libertés, toutefois

La vérité je me veux dissimuler.

Je m’invente, me fais du roman,

Et toujours divine cruauté

A mon image disgracieuse,

Tant je me voulais enjôleuse.

Alors je me fais-moi à l’aquarelle,

Ombre peinte, si belle,

Omets le regard à ce trop réel,

Effleurant le rêve providentiel.

Je me voulais belle pour lui,

Je me voulais autre pour lui,

Oublieuse de sentiment,

Me fuyais lâchement.

De cet écrin clos, s’évade mon âme,

Sourde aux suppliques d’un cœur menteur,

Et, ô miracle, soudain, devenue femme,

S’entrouve lointain, le sentier du bonheur,

Où craintive, je chemine en toute lenteur !


À PROPOS DE L’AUTEURE :

Lorraine, Josette Neisius, suite à la publication de Aurore Poétique et Alchimie Poétique (un 4 mains avec Albert Aoussine)  poursuit naturellement son chemin entre quête intérieure, poésie, aimante de la langue française, de la littérature et des beaux mots. Son engagement pour la défense animale, la protection de l’environnement et surtout son rôle au sein des Gilets Jaunes, occupent une place essentielle dans sa vie !!

2 commentaires sur “Jour 3 : « Je ne saurais » et deux autres poèmes de Josette Neisius”

  1. Avatar Darssy dit :

    C’est beau ce que tu as écrit ma belle guerrière 💕💕💕

  2. Avatar Aoussine dit :

    C’est toujours un immense plaisir de lire des vers libres de Josette. Puisse sa liberté créatrice nous innonder de vie !!!

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