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Jocelyn Danga, lauréat du prix Tourbière des écritures dramatiques congolaises


Jocelyn Danga est un jeune écrivain congolais et homme de théâtre. En 2019, il a publié chez L’Harmattan, « Le large », sa toute première pièce de théâtre. Il est, cette année, le lauréat du prix Tourbière des écritures dramatiques congolaises pour « Ipéca », sa deuxième pièce de théâtre. Entretien avec le jeune dramaturge.

Plimay : Pour ceux qui ne vous connaissent pas, qui est Jocelyn Danga?

Jocelyn Danga : Jocelyn Danga est un jeune auteur congolais de la République démocratique du Congo. Il a écrit en 2018 « Le large », une pièce de théâtre abordant le sujet de la migration à travers le prisme de certains acteurs compris dans cette crise (le migrant africain, la mer et l’européen extrême). « Le large » a été finaliste du prix RFI-Théâtre 2018 et ensuite publié aux Éditions L’Harmattan en 2019 dans la collection « En scène », par le biais du concours « Vivons les mots ».

P. : Votre rencontre avec le théâtre, ça date de quand ? Que représente pour vous le théâtre ; et quelle serait votre définition de ce genre littéraire ?

J.D. : J’ai rencontré le théâtre en 2012 avec Racine (Andromaque). Mais j’ai peu après abandonné la forme classique pour m’intéresser à toutes les mutations littéraires en cours. Le théâtre est une expression. S’il faut disserter là-dessus, on aura peut-être besoin de catégoriser ma réflexion en tomes ; mais même alors, elle ne dirait rien de mieux que les grands ne l’ont déjà fait. Donc, je m’en tiendrai à l’expression « expression ». C’est-à-dire un canal de mots, un exutoire verbal, une cloche sociale d’alerte et d’éveil. Mais cela, sans atteinte aucune à sa valeur artistique, divertissante et ludique.

P. : Vous êtes sorti lauréat du prix Tourbière des écritures dramatiques congolaises. Parlez nous un peu, de cette aventure.

J.D. : Une très belle aventure. Ce prix a une spécificité dont peu de prix disposent, il a accompagné quasiment tous les participants dans leur démarche. Je pense principalement à la première phase qui consistait à soumettre son travail au jury, ensuite le jury faisait un retour avec des suggestions assez spécifiques. J’ai beaucoup appris lors de ce concours. Notamment sur la structuration d’un monologue, le rapport de sens avec les prologues et épilogues. Et j’ose croire que l’accompagnement se prolonge avec l’ensemble de dispositifs prévus à cet effet.

P. : Parlez nous de l’œuvre qui a gagné l’attention du jury de ce prix.

J.D. : Ipéca est un monologue d’une femme de 40 ans qui a été abusée par son père durant douze années de sa vie. Tout avait commencé quand elle avait six ans…

P. : Fera-t-elle objet d’une publication ? Si oui, où et quand sera-t-elle éditée?

J.D. : Oui, c’est l’objectif de la démarche. Un travail devra être fait avec Lansman Éditeur et, si tout se passe bien, toutes les projections sont pour 2021. Cela dit, Plimay sera prioritairement informé des débouchés.

P. : Quelle est l’importance de ce prix pour votre carrière ? Avez-vous l’intention de travailler plus pour en remporter d’autres ?

J.D. : Ce prix est d’une très grande importance, déjà parce que j’ai beaucoup appris tout au long du parcours. Mais aussi que le processus continue (éventuellement une résidence d’écriture et un accompagnement) donc à terme il y a plusieurs avantages possibles, dont notamment des ouvertures sur le plan national et international. Vous savez, les rencontres, c’est cela la magie de l’écriture qui m’a le plus séduit. L’objectif c’est toujours d’avancer. Donc, je compte bosser encore et encore pour faire davantage de conquêtes.

P. : Quels sont vos modèles écrivains dramatiques ? Avez-vous d’autre genre littéraire pour lequel vous auriez un certain attachement ?

J.D. : J’ai beaucoup d’estime pour plusieurs auteurs dramatiques d’Afrique et des Caraïbes : Sinzo Aanza, Hakim Bah, Koffi Kwahulé, Julien Mabiala, Jean D’Amérique, etc. Sans oublier bien sûr l’illustre Sony Labou Tansi. Il y a aussi des auteures qui m’impressionnent énormément, comme par exemple, Hala Moughanie, Laetitia Ajanohun, pour ne citer que celles-là. Mais il y a un auteur dont la plume m’influence de façon plus intense, c’est Fiston Mwanza Mujila.

Oui, j’ai beaucoup d’attachement pour la poésie. C’est d’ailleurs l’épine dorsale de mes compositions. Je m’intéresse aussi à la nouvelle et au roman. Cela dit, la plupart de mes projets de roman sont encore inédits. Je prends mon temps, je me tâte et j’apprends.

P. : Avez-vous d’autres projets d’écriture dramatique ? Parlez-nous-en.

J.D. : Il y a bien sûr plusieurs projets que j’aborde progressivement. Je travaille actuellement sur une pièce de théâtre avec Nadège Prugnard, une auteure et dramaturge française, dans le cadre du dispositif béninois Textes en scène. Si tout se passe bien, ce projet pourra être porté au public d’ici à 2021. Il aborde la thématique des enfants de la rue dans son angle évolutif. C’est-à-dire, des enfants de la rue qui ont grandi et qui ont (peut-être irrémédiablement) versé dans la criminalité.

Propos recueillis par Davastruc Bruno Jean-David

1 commentaire pour “Jocelyn Danga, lauréat du prix Tourbière des écritures dramatiques congolaises”

  1. Avatar Lansman Emile dit :

    Merci pour ce bel entretien avec un auteur que nous connaissons encore peu sinon à travers cette pièce.
    Le jury était composé, hors organisateurs, de 10 personnalités du monde des écritures dramatiques (auteurs, metteurs en scène, directeur de festival) pratiquement toutes intéressées, d’une manière ou d’une autre, par le théâtre africain. Il s’agit donc d’une vraie reconnaissance et d’un vrai coup de pouce puisque ces membres du jury ont également formulé des remarques et suggestions dont nous allons discuter avec l’auteur pour aboutir à la version finale à publier en 2021.
    Belle initiative de Cajou Mutombo et de l’équipe de son Festival International de l’Acteur.

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