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« Ida, monologue déchet » de Guy Régis Junior, un livre à lire en cette période de confinement


Né à Port-au-Prince le 29 avril 1974, Guy Régis Junior, écrivain, comédien, metteur en scène,  publie « Ida, monologue déchet » en 2006 sous la couverture des Éditions Rivarticollection. Soit huit ans après, en 2014, il dirigera « Quatre Chemins », le plus grand festival de théâtre du pays et écrit d’autres ouvrages comme : « Les cinq fois où j’ai vu mon père (Gallimard, 2020), « Reconstruction(s) » (Les Solitaires Intempestifs, 2018), « Le père », Les Solitaires Intempestifs, 2011 (prix ETC Beaumarchais du meilleur texte francophone).

Par cette pièce de théâtre de 89 pages, l’auteur réclame un seul spectateur mais plusieurs voix qui viendraient partitionner un chant d’amour et de désespoir, qui viendraient comme éparpiller au vent ce qu’il faut semer et/ou jeter ? Et puis peut-être des voix qui seraient des bris de voix comme ces débris qui jonchent la ville de Port-au-Prince mais qui n’en finissent pas d’exister dans leur inconsistance, leur laideur, leur brisure à l’image des politiques de ce pays, à l’image de la misère, des souvenirs douloureux de ce qui se perd ou s’est perdu, et qu’un jour on jette sous la plume pour être bien sûr qu’ils ne seront pas définitivement perdus… en hommage à l’amour, en hommage à la Terre qui vous a vu naître, mais avec la rage.

Alors entre Rage et Hommage, ce texte est dialectique d’un bout à l’autre : il ne suffit que de lire la première page, page 7 : « Alors j’ai pris Ida comme prétexte pour écrire décrire mon amour, ma haine, ma désolation de cette ville, de ce pays désenchanteur désenchanté qui fut une île enchanteresse enchantée. »

Ce texte théâtral sans acte, sans nœud dramatique, sans scène d’exposition et sans réplique, comporte néanmoins une succession d’intertitres qui explicitent les destinataires étant aussi les sujets mêmes du livre.

2 novembre date anniversaire de la Fête des Morts : Le début de tout : « C’est depuis ce jour-là, depuis ce 2 Novembre que j’ai tout compris » (Cf. : la bête)

Ida : Souvenirs heureux

La Bête : La Mort est toujours présente

Eux tous : (La politique et ses caprices)

Port-au-Prince

Alexandre et les autres (encore une histoire d’assassinat)

Les évangélistes

Moi

Ida et moi

Ida continue

Moi final

Le chant d’Alexandre : Hommage à ceux qui chantent en toutes circonstances et testament philosophique : « Pas chanter l’hymne d’un pays mais l’hymne de la terre et chanter, chanter au lieu de venger, chanter, au lieu de guerroyer » […]

Dans Ida, Guy Régis Junior s’affirme comme un diseur, une voix qui porte, tout comme d’autres textes ultérieurs en témoigneront. Il s’affirme aussi en tant que poète visionnaire : […] ce ne sera plus le ciel qui nous tombera sur la tête mais la terre qui nous couvrira de boues, d’immondices et d’eaux.

En cette période de confinement, il serait salutaire de s’offrir la lecture de ce texte pour  dérouter l’ennui et le désespoir  par la teneur poétique qu’il comporte.

Cherlie Rivage

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