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Feu nu des profondeurs : une célébration de l’amour sous toutes ses formes


Dès les premières pages de ce recueil merveilleusement illustré, le feu de la poésie brûle entre nos mains. Il se fait lumière, ardent témoin de la beauté du monde, « ce feu vivant » d’Héraclite, mais également flambeau d’une prise de conscience collective, d’une lutte engagée pour préserver la planète menacée de destruction et pour faire triompher l’Amour universel.

Cette mission essentielle qui se déroule sur plusieurs plans débute avec le poème « An zéro » qui annonce le début d’une ère nouvelle que la poésie tentera d’instaurer.

Il s’agit en premier lieu de dénoncer les outrages faits à la Terre mère :
« Ils s’étonnent de suffoquer d’asphyxie mais ils brûlent les poumons de leur Mère ».
Il s’agit aussi de renouer avec l’essence même de l’Amour qui embrase le monde depuis des temps immémoriaux.

Le périple, intitulé en écho à Baudelaire « Voyage de l’Albatros », et placé sous le signe du commandement baudelairien « Enivrez-vous », se poursuit alors, éclairé tantôt par les œuvres de Rimbaud, d’Antonin Artaud, de divers poètes qui accompagnent l’auteur dans sa traversée des ténèbres. La poésie de Julien Miavril est l’œuvre d’un démiurge, créateur d’un univers artistique qui prend naissance dans le fourneau de son imaginaire.
Il s’interroge sur la nature de ce feu originel qui anime le monde : « Quel est donc ce feu qui nous porte et nous brûle et qui consume jusqu’à la trace de nos os ? »

Son intuition l’amène à penser que tout ceci est lié à l’Amour universel et cet amour le conduit à éprouver de l’empathie pour tous les vivants, notamment pour une petite fille des rues à laquelle il adresse ce message bouleversant :
« Je sais que tu seras parfois bien triste/Mais le plus souvent irradiante comme un soleil ? »
L’Amour est donc cette étoile immortelle qui nous guide dans l’avant, le présent et l’après. Hommage est rendu au féminin sacré, aux reines mais aussi aux « sœurs » d’âme qui partagent le même idéal.

Certains textes sont empreints d’un sentiment de révolte qui rappelle l’esprit rimbaldien d’ Une Saison en Enfer mais cette rébellion face aux menaces du néant est force d’impulsion pour mieux célébrer tout ce qui appartient au feu de l’existence.

La dernière partie du recueil est particulièrement solennelle. On peut notamment y lire un hommage sublime à celles et ceux qui ne sont plus : « Ils ne sont déjà plus qu’ils restent et sont encore/Ils sont au vivant ce que le soleil est à l’or. » Le poète s’adresse ensuite à l’enfant de demain qui va naître au cœur d’un monde en flammes : « Je voudrais t’offrir autre chose qu’un monde où règne la mort .»
Sont évoqués à ce titre les incendies qui ont ravagé l’Amazonie, sinistres reflets de l’irresponsabilité des hommes.
Mais l’amour triomphe de tous les désastres, cet « amour bien trop pur pour ce monde qui croit encore pouvoir s’armer contre lui » et il s’agit même de quelque chose qui va au-delà de l’amour terrestre : « Et ce quelque chose aucune langue humaine ne trouva d’ailleurs mot pour le nommer (…)

Le recueil se termine en ode flamboyante à la vie et en chant d’espoir pour les poètes « venus pour instaurer la communauté de la joie et de l’amour ».
Puis dans un vibrant « Hallelujah », le poète fait don de ce feu de vie qu’il « porte comme un lointain mais brûlant secret » à sa « reine stellaire » :
« À qui d’autre que toi pourrais-je seulement l’offrir…
Quand plus qu’un miroir, une nébuleuse en toi je vois. »

L’intégralité de ce livre magnifique est une célébration du feu sacré qui anime le monde à travers l’Amour sous toutes ses formes.

Parme Ceriset
Juillet 2020.

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