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Feu nu des profondeurs de Julien Miavril : un tremplin vers un autre monde


Si les quatre éléments fondamentaux, moteurs générateurs de l’accomplissement de l’œuvre sont présents tout au long de ce recueil, le titre n’en est que plus explicite pour l’adepte qui comprend illico le sens du dévoilement que Julien Miavril va lui proposer en adoptant la méthode de l’introspection. Ainsi en dit le titre « Feu nu des profondeurs » paru aux Éditions du Pont de l’Europe.

Aussitôt il convient de rassurer le pauvre mortel ou pauvre lecteur entrant dans une poésie dont l’ambition, très réussie est de converser avec les Dieux, dans cette langue coruscante qui étincelle de mille feux.

Entrer dans la poésie de Julien Miavril c’est entrer en poésie. Vous savez comme ces vieux chamans (les chamans sont toujours vieux) dont l’économie des mots, les paroles sibyllines, tout comme le silence entre les mots est une correspondance dans les deux sens du terme. C’est alors que le chaman va « aliéner » toutes ses émotions vécues ou intra vécues à la poursuite de l’œuvre.

L’an 0 nous donne le « la » primordial. Celui qui va faire résonner la materia prima pour sa fécondation future. Dès cet instant, les quatre éléments seront sans cesse au cœur de l’action poétique.

Comme dans le laboratoire de l’Adepte, Julien Miavril nous fait entrer dans son laboratoire métaphysique entre les cris d’un Momo et les fulgurances d’un Arthur. La dimension cosmique sera atteinte dans la conjugaison des voies sèches et humides. Dans le creuset, sans cesse le poète travaille cette matière brute, quasi obscène pour en tirer les sucs indispensables à l’élaboration de l’élixir. Car c’est bien de la fange, de la putréfaction que nait la pureté. L’élixir de pureté est élixir d’amour. Cependant, cette quête rend fiévreux et furieux et le chemin est escarpé entre le fil d’Ariane, la chute des éons, et autres anges déchus à rencontrer jusqu’à l’impérieuse nécessité de l’exil.

L’exil de soi.
C’est dans l’exil de soi, que, comme tout poète digne de ce titre de noblesse, Julien Miavril va découvrir et nous révéler sa nature authentique.

Il va ainsi mieux nous faire comprendre le Gnothi seauton : « Oublie-toi toi-même et tu connaitras les Dieux et les hommes qui sont en toi ». De telle sorte que le poète va explorer la carte géographique des terres inconnues, et tout en sublimant l’Eros, découvrir les contrées mystérieuses de son cœur, centre des émotions, aux confins de la Psyché qui révèle les blessures.

S’il n’y prend garde, Thanatos et son aura spectrale restent aux aguets et seul l’émerveillement cosmique lui donnera la possibilité de poursuivre cette route dans les entrailles mugissantes de ce feu des profondeurs.

Cette route que poursuit Julien Miavril dans la fièvre de cette quête est escarpée. Comme tout ce qui est courbe ne peut être redressé, il lui faut une grande énergie poétique pour du Malkouth, Royaume des profondeurs, s’exalter jusqu’à Kether, la Couronne.

Ce recueil constitue donc, dans une écriture brûlante, étincelante, échevelée et totalement maîtrisée, à la fois un condensé de cette quête spirituelle qui n’est en rien un point d’arrivée, pas plus qu’un port d’attache, mais un tremplin vers un autre monde. Celui du Réel.
Julien Miavril, héritier des poètes symbolistes et métaphysiciens, entretient ici et avec talent cette flamme vive qui brille éternellement dans les ténèbres.

Cristian Ronsmans,
Bruxelles, le 16 juin 2020.

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