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Entretien avec l’écrivaine ivoirienne Émily Tapé


Agée de 29 ans, Emily Tapé est une écrivaine ivoirienne. Elle est l’auteure de « Confessions sans curé », un recueil de nouvelles publié aux Éditions Plume Habile. Plimay vous propose un entretien avec cette auteure aux multiples facettes.

Plimay : En guise d’introduction, qui est Émily Tapé ?

Emily Tapé : Emily Tapé est une ivoirienne âgée de 29 ans. Je suis rédactrice web – presse – télé, community manager et auteure de poèmes et nouvelles.

P. : Quand est-ce que vous avez commencé à écrire ?

E.T. : Alors, disons que j’ai toujours aimé écrire que parler. Je prenais note de tout et n’importe quoi quand j’étais enfant. J’aimais écrire des histoires ou raconter mes journées dans un journal intime ou un cahier que j’avais de trop. Seulement, je ne les montrais à personne ! J’aimais vivre mes histoires dans ma tête, c’était plus agréable.

J’ai commencé à publier des poèmes que j’écrivais sur Facebook en 2014 sur la plateforme Poètes à l’honneur.

P. : On sait bien que vous avez fait vos premières armes dans la poésie. Mais vous avez décidé, en 2018, de publier chez les Éditions Plume Habile, « Confessions sans curé », votre premier recueil de nouvelles. Pourquoi cette rupture soudaine avec la poésie ?

E.T. : Le processus d’édition a commencé en 2017 mais l’œuvre est parue en 2018. Il n’y a pas vraiment eu rupture. Je dirai simplement que la plupart des éditeurs ivoiriens ont “peur” de la poésie. À moins de publier à compte d’auteur.e. La raison avancée est que les lecteurs n’aimeraient pas la poésie. Bien entendu, je n’y crois pas.

P. : Qu’est-ce que vous racontez dans « Confessions sans curé » ?

E.T. : « Confessions sans curé » raconte des histoires imaginaires mais vraisemblables de femmes – de leur côté sombre.

Je parle d’infidélité, d’abus sexuels, de meurtre, de drogue, d’homosexualité. De sujets qui fâchent ou choquent, mais qui font partie de notre quotidien, de notre vie, de nous.

P. : Se faire éditer quand on est de jeunes auteur(e)s devient de plus en plus difficile. Vous considérez-vous comme une privilégiée pour avoir publié ce recueil ?

E.T. : Absolument ! Je me considère comme une privilégiée. Il y a tellement de talents qui ont juste besoin qu’on les trouve et qu’on fasse attention à eux pour leur permettre de s’exprimer.

J’ai eu la chance de montrer ce que je sais faire grâce à internet et puis des gens m’ont fait confiance et j’ai eu une belle opportunité. On remercie le ciel pour ça.

P. : Pourquoi devrait-on lire votre livre ?

E.T. : On devrait lire « Confessions sans curé » par curiosité, premièrement. Ensuite, – de ce que les lecteurs me disent, parce que ce recueil est comme un miroir qui nous montre ce que nous sommes à l’intérieur. Des êtres imparfaits qui peuvent aller à l’irréparable par instinct de survie ou pour leurs convictions.

Je l’ai publié pour que les gens apprennent à avoir de la hauteur dans les jugements qu’ils portent aux autres. C’est tellement facile de stigmatiser quelqu’un pour une faute quand on n’a aucune idée des circonstances qui ont occasionné cette faute. Il est important de faire preuve d’empathie et d’être tolérant.

P. : Quel regard portez-vous sur l’écrivain et la société dans laquelle il vit ?

E.T. : L’écrivain est un artiste. Il fait de sa créativité ce qu’il veut. Plaisir, beauté, engagement, dénonciation, etc. C’est vrai que la société attend beaucoup de l’écrivain mais qu’on accepte qu’il soit libre. L’écrivain ne doit pas chercher forcément à se conformer aux attentes de la société.

P. : Des livres ou des auteurs qui ont marqué votre vie ?

E.T. : Auteurs, je dirai Camara Laye, un écrivain guinéen (en Afrique de l’ouest). Mon rapport avec lui est très simple. En primaire, il y avait un texte tiré de son roman « L’enfant noir » dans mon livre de lecture. Je ne sais plus lequel mais la mention « d’après Camara Laye » m’a semblée extraordinaire et je me suis dit qu’un jour, il fallait qu’on lise au bas d’un texte « d’après Emily Tapé ».

Après il y en a eu tellement mais mes adorables restent Bernard Dadié – un symbole de la littérature ivoirienne et africaine, Charles Baudelaire – chaque fois que je lisais ses poèmes, j’avais toujours mon dictionnaire à portée de main et Régina Yaou – profonde admiration pour sa plume crue.  

P. : Où peut-on se procurer « Confessions sans curé » ?

E.T. : Le livre est disponible en Côte d’Ivoire, en librairie et chez moi. (rires).

P. : Avez-vous d’autres projets d’écriture en cours ?

E.T. : Des projets d’écriture, j’en ai quelques-uns. Pour le moment, je suis occupée à me faire de l’argent pour payer les factures mais j’espère trouver du temps à consacrer à mes prochains livres.

Propos recueillis par Dierf Dumène

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