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Entretien avec Jean Verdin Jeudi, directeur administratif des Éditions Floraison


Les Éditions Floraison ont été invitées à Jeux Dits Pwezi, le jeudi 5 mars 2020, dans le but d’exposer leurs nouveaux titres aux lecteurs de Jacmel. Nous avons eu, dans le cadre de cette exposition, un entretien spécial avec Jean Verdin Jeudi, directeur administratif de la maison d’édition. Entretien que nous vous invitons à découvrir.

Plimay : Vous étiez ce soir, invité spécial à Jeux Dits Pwezi au Vieux Four bar. Qu’est-ce qui peut bien expliquer la présence des Éditions Floraison à Jacmel, ce jeudi 5 mars 2020 ?

Jean Verdin Jeudi : Ce jeudi, Jeux Dits Pwezi a été réservé aux Éditions Floraison pour exposer nos titres et parler un peu de cette maison d’édition. Cette invitation marque le début d’un partenariat établi avec cette grande institution culturelle à Jacmel. Désormais, tous les titres de Floraison seront disponibles dans la ville, notamment dans les activités de Jeux Dits Pwezi.

P. : Parlez-nous de la soirée ! Comment était l’ambiance au Vieux Four ? Êtes-vous sorti satisfait par rapport à votre attente ?

J.V. J. : C’est notre deuxième passage à cette activité culturelle baptisée Jeux Dits Pwezi. Ce qui attire surtout mon attention, c’est l’envie avec laquelle un large public se déplace pour venir écouter et dire de la poésie. L’ambiance a été pareille ce soir : des extraits de plusieurs textes poétiques publiés chez Floraison ont habité le micro des animateurs, notamment, des vers de Billy Doré extraits de son recueil de poèmes “Mamòte”, des vers de Frantzley Valbrun, de Samuel Clermont dormant respectivement dans “Kolye an denmon” et “Vavari”. Il y a aussi le texte de Douglas Zamor “Poème à l’ombre de la mondialisation” qui amadouait les lèvres de Tilanp, sans oublier mon texte “ZEFELE” qui courtisait les oreilles du public. Ce tableau montre comment l’ambiance poétique a été à un niveau extraordinaire.

Ces genres d’initiative sont très rares dans le pays, et tenant compte de la problématique de la question de loisir en Haïti, c’est une activité à encourager.

P. : Parlez-nous un peu des Éditions Floraison. Cette maison d’édition aurait-elle pris naissance à partir d’un constat ? Ou à l’idée de répondre à certaines exigences dans le domaine du livre en Haïti ?

J.V.J. : Les Éditions Floraison viennent de célébrer son deuxième anniversaire. C’est une maison d’édition très ambitieuse qui veut marquer son passage dans le monde du livre en Haïti. Floraison, dans sa forme organisationnelle et dans son orientation, cherche à répondre à certains questionnements et/ou défis liés à ce domaine. Ainsi, elle est gérée par une codirection, une structure plate. Elle publie à la fois à compte  d’auteur et à compte d’éditeur de toutes catégories d’œuvres.

Lire aussi : Interview : à la rencontre du poète haïtien Samuel Taillefer

Floraison est née de la volonté d’avoir une maison d’édition accessible aux jeunes créateurs littéraires, de valoriser la notion du “droit d’auteur” et de travailler sur la qualité des oeuvres publiées en Haïti. En parlant de qualité, il y a beaucoup de discussions sur la scientificité des oeuvres scientifiques publiées en Haïti, on retire dans ce lot seules des oeuvres publiées par une ou deux maisons d’éditions que je me garde de citer leurs noms.

À côté de tout ce que je viens de dire, il y a la relation auteur-éditeur qui est un mur à crever, une matrice conflictuelle consubstantielle à l’histoire de ce domaine et son évolution. Floraison n’a pas la prétention de le résoudre, mais, nous travaillons d’une façon particulière avec les auteurs afin de diminuer le plus plus que possible le niveau du cadre conflictuel.

P. : Accordez-vous une place spécifique aux jeunes auteurs dans la perspective de votre politique éditoriale ?

J.V.J. : En prenant la maison d’édition, généralement comme une entreprise capitaliste, la recherche du profit maximum est à la base de sa logique d’action. Ainsi, publier un auteur qui fait déjà son nom sur le marché ou une personne ayant un potentiel lecteur plus élevé est beaucoup plus dans son avantage. D’où la difficulté des jeunes auteurs de trouver une maison d’éditions pour publier son oeuvre. Chez nous, à Floraison, nous empruntons une autre voie. Nous nous basons plutôt sur la qualité de l’oeuvre.

Il y a partout des dispositifs de légitimation institués par les grandes institutions, les réseaux et des formes d’organisations sociales très souvent défavorables aux jeunes. Nous voulons être une fenêtre pour ces jeunes, bourrés de talent, mais qui ne sont pas des héritiers. Sans vouloir instituer un conflit intergénérationnel, nous pensons qu’une oeuvre d’un jeune écrivain peut être aussi bonne, et même meilleure que celle d’un auteur qui a un réseau social plus large, et  qui se fait vieux dans le domaine. Si vous êtes jeunes et que vous avez sous les bras une oeuvre de qualité, vous êtes déjà invités à prendre une tasse de de café dans la matinée de la Floraison, au milieu des vieux.

Propos recueillis par Raynaldo Pierre-Louis

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