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« Concert de nuit » et autres poèmes de Marc Louverture


I

Concert de nuit

attends-moi à la cime
des étoiles troublées
si avant minuit
je ne reviens plus
des cendres de mon silence

kyrielles de papillons noirs
à l’enterrement
des nuages castrés
présage de temps brulé
de terres abandonnées
à la migration
des folles fourmis
et au fatal cycle
des lointains vêtus d’ombre
claustrés dans l’ébrasement
de l’horizon

je suis le corps du secret
gardé dans la gorge du déluge
l’ortolan aveugle
et le tambour trans-phonique
des airs de bizango
venant des nuits fauves

ô Dionysos
attends-moi à la Savane-Désolée
et si je ne reviens plus
avant minuit
du rancard avec mes aïeux
laisse-moi un poème
dans notre bouteille de tafia
et mille années amputées de saisons

II

ici il y a un mauvais présage
les rues qui m’habitent le cœur
sont vieillies et désertes
et ce chemin que je fais
toujours dans mes rêves
me conduit encore
vers cette contrée inconnue

la terre tremble et mes souvenirs
sont sur la trace des étoiles
ne retrouvant jamais de sommeil
depuis que le temps
a perdu sa jeunesse
dans la mélancolie de mes jours

les cris d’ailleurs m’appellent
je partirai avec mon âme de galère
dans les frissons du temps
pour récupérer le sourire
de l’horizon trop longtemps
caché derrière tant de désespoir
qui peine l’autre face de mon cœur

et les fractures des nuages pénitents
traversent la sensibilité
des astres au sourire léger
se noyant dans les poussières
de pluies d’amertume
où les femmes en pleine ceinture
accouchent sur le dos du soleil

à l’errance et en transe
je partirai dans le vide d’ailleurs
pour transporter les cicatrices des jours
dans les entrailles de mes mots
afin que l’espérance
puisse devenir la fine dentelle
qui tisse les fissures de mes maux

III

ô mon pays

terre du baobab
de grand chemin
la fraicheur de la rosée
embrase tes maux
quand la nuit emmène
le jour à l’abattoir

tel un battement
de tambour détonné
sur les faîtes des montagnes
de Terre-Neuve
j’entends les trémolos
de ta voix abandonnée
sur la terrasse
transcendant le vent avec douleur

ô terre la nuit porte le deuil
des feuilles baignant la terreur
sur ton littoral où morose
tout cœur humain
et l’écho résonnant
dans le mutisme de tes cris
est une brise étouffée par le froid

ô patrie le soleil ne vient plus
mirer ton horizon perché
dans l’embrasure du vide
et les pleurs de tes fils
ne sont que la braise
des jours macabres
brûlant les yeux de l’aube
ailleurs

Marc Louverture

À propos de l’auteur :

Marc Louverture, de son vrai nom Markenson Mathurin est né aux Gonaïves le 1er janvier 1990. Poète, écrivain, l’amant de la littérature vit actuellement au Brésil à São Paulo.

1 commentaire pour “« Concert de nuit » et autres poèmes de Marc Louverture”

  1. Avatar Renard dit :

    je suis très en colère après toi Markenson!!!!!!!!!tu ne m’as pas dit que tes poëmes étaient publiés!en conséquence je ne partagerai pas!!!!!

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