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Colère ouverte aux citoyens haïtiens


Alléluia pour Haïti

C’est une chanson qui me prend à la gorge

Qui vient comme un souffle qui se retient

Et qui coupe les murs de l’absurde

L’arbre de l’amour ne porte plus de fruits

Evelyne s’est envolée

Nous n’avons pas entendu son dernier cri

Comme nous n’avons pas entendu les cris stridents

De tant d’autres

Surdité qui rime avec l’absurde

La terre est ensemencée du sang d’une fille

Ma fille 

Ta sœur 

Ta nièce

On s’indigne sur la toile

Et cela s’arrête là 

Sur la toile

Nous n’allons jamais plus loin

Nous sommes une honte pour Dessalines et Toussaint

A tolérer des couillons

Des échantillons d’hommes

Incapables de diriger une basse-cour

Leurs discours tachés du sang d’innocents enfants

Leurs cœurs d’acier 

De boue

De limon

La paix et le respect de l’humain

Ne germeront pas dans un palais de détritus

Nettoyage nécessaire

Crucial

Qui tarde trop

Il est temps de sortir les poubelles

Car je veux voir mes enfants danser sous la pluie de Port-au-Prince

Je veux les entendre rire de leurs voix crystalline

Que les couleurs qu’ils apprennent à l’école

Ne soient plus l’unique prédiction rouge de leur sang

J’ai mal dans mes colères

Mal vociférées

Mal contenues

L’image de la jeune fille refait surface

Elle me demande des comptes 

Elle s’indigne de notre lâcheté

N’ai-je que des mots

Ou suis-je aussi hypocrite que vous tous

Silencieuse caravane qui attend son tour de mourir

Quand avons-nous perdu la décence d’être des révolutionnaires

Chaque enfant qui meurt est de nouveau un assassinat

du père de la patrie

Dignes fils de Dessalines

L’heure est la guerre 

Le lambi du soulèvement a sonné

Alléluia pour Haïti

Ceci n’est ni un chant ni un poème

C’est une rage qui éclate de chaque fibre de mon être

J’aurai le courage de ne pas avoir attendu

Que le drame frappe à ma porte

Pour vous dire que vous sentez mauvais

Pire 

Que vous puez la lâcheté 

Et que si vous ne vous soulevez pas après ces mots

C’est que vous n’êtes pas des hommes

Alléluia pour Haïti

Vive la révolution !

Jeanie Bogart

Babylon, New York, le 1er novembre 2020

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