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Brunet Blaise : « L’acte d’écrire est affirmation de soi »


Passionné de musique, de littérature et d’écriture, Brunet Blaise est un étudiant haïtien qui fait des études de Droit en France. Il a été lauréat à deux reprises à deux concours nationaux de nouvelles, ayant fait l’objet de deux ouvrages collectifs : « Haïti 2042 » et « Le rubis de Cupidon », publiés chez C3 Éditions, sous la direction de Gary Victor. À travers cet entretien, le jeune nouvelliste nous expose, depuis Strasbourg, son univers littéraire ainsi que sa conception de l’écriture.

Plimay : D’entrée de jeu, qui est Brunet Blaise ? 

Brunet Blaise : Je suis un étudiant haïtien et je fais des études de Droit en France. Je suis  passionné de littérature , de musique et du jeu d’échecs. 

P. : D’où vient votre passion pour la littérature ? Serait-elle le fruit d’un long cheminement personnel, ou ne serait-ce que l’héritage d’un certain « capital culturel » (au sens bourdieusien du terme), compte tenu du fait que votre père, à savoir Bruno Blaise, est prof de littérature et de philosophie ? 

B.B. : L’environnement familial et scolaire a certainement joué un rôle important dans ma passion pour le livre. Être entouré de livres encourage indubitablement à lire. 

Tout au long de mon enfance, les cadeaux que je recevais de mes parents étaient d’ailleurs souvent des livres. 

Mais avoir les livres ne suffit pas. Il faut se résoudre à les ouvrir et à s’y plonger. Et c’est là que tient à mon avis mon mérite personnel. 

P. : Vous avez été lauréat, à deux reprises, à deux concours nationaux de nouvelles, qui ont fait l’objet de deux ouvrages collectifs, dont « Haïti 2042 » et « Le rubis de Cupidon », publiés chez C3 Éditions sous la direction de Gary Victor. Pouvez-vous nous dire davantage sur ces deux livres ? Quels ont été donc les thèmes abordés dans la trame de ces nouvelles ? 

B.B. : J’ai écrit mon premier texte « Les portes » à l’occasion du concours de nouvelles national pour les écoliers à partir d’un incipit de Gary Victor. J’y ai décrit un homme confronté au choix cornélien de plusieurs futurs et qui finalement se résoudra à se sacrifier « pour le plus grand bien ».

Mon second texte paru dans « Le rubis de Cupidon » s’intitule « Mirage isocèle » et est né de l’image obsédante d’une figure géométrique : le triangle isocèle. Je me rappelle avoir décrit ce texte comme cherchant à créer une symétrie effarante et allégorique centré principalement sur les thèmes de l’altérité et de l’amour. Cette idée du triangle isocèle est parfois subtile mais omniprésente dans le texte. La chute s’évertue à montrer le caractère illusoire de cette image.

Il s’agit de montrer que l’homme peut se libérer de lui-même. Pour employer un vocabulaire nietzschéen, « l’homme peut devenir ce qu’il est ». La  condition humaine ne saurait l’enfermer dans ses lignes rigides. L’homme est liberté. 

P. : Pourquoi le choix de la nouvelle comme genre littéraire ?  Serait-elle, dans une certaine mesure, plus apte à saisir le réel, ou à mieux appréhender la vérité du monde ? 

B.B. : Pour quelqu’un qui débute en littérature, la nouvelle présente de nombreux avantages en raison de sa brièveté et du nombre relativement peu important de personnages. 

Je pense que le choix de la nouvelle comme genre littéraire est fonction de la sensibilité de l’auteur et de ce qu’il a à dire. Mais le roman par exemple permet tout aussi bien de saisir le réel.

Cependant, je récuse l’idée selon laquelle il y aurait une vérité du monde. « La vérité » en littérature est forcément subjective. 

P. : Comment concevez-vous l’acte d’écrire ? Procède-t-il, selon votre opinion, d’un engagement permanent vis-à-vis de la société, ou ne serait-il qu’une affaire personnelle de l’écrivain ?

B.B. : L’acte d’écrire est affirmation de soi. Comme Sartre l’affirme, il est un acte de liberté.

L’idée d’une littérature atemporelle me laisse plutôt sceptique. Je crois que l’écrivain doit être en prise avec le réel. Dans son œuvre, doit transparaitre l’influence qu’il cherche à exercer sur son temps. C’est ce que je nomme engagement.

P. : En terme de lecture, qu’avez-vous lu durant ce mois ? 

B.B. : Les plus récents livres lus sont : « Les démons et l’idiot » de Dostoievski, « L’insoutenable légèreté de l’être » de Kundera, « Les arbres musiciens » de Jacques Stephen Alexis. 

P. : Des projets d’écriture ? 

B.B. : J’ai des projets qui sont à long terme. J’ai plusieurs ébauches de textes mais je ne suis pas pressé. En ce moment, je lis beaucoup, surtout. 

P. : Des conseils pour les jeunes qui pensent se lancer comme vous dans l’aventure littéraire ?

B.B. : Il faut d’abord aimer lire car on écrit avant tout pour être lu. Mais aussi je leur répèterai ces phrases de Nicolas Boileau dans l’Art Poétique : 

« Avant donc que d’écrire, apprenez à penser. 

Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, 

Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage, 

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,

Polissez-le sans cesse, et le repolissez, 

Ajoutez quelquefois, et souvent effacez ».

P. : Merci d’avoir accordé cet entretien à Plimay ! 

Propos recueillis par Raynaldo Pierre-Louis

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