Idées Apports lexicaux « du français haïtien à la francophonie » au regard d’une recherche du linguiste Renauld Govain

Apports lexicaux « du français haïtien à la francophonie » au regard d’une recherche du linguiste Renauld Govain


La francophonie désigne l’ensemble des peuples, des groupes de locuteurs faisant usage de la langue française au cours de leurs activités quotidiennes, dans les échanges institutionnels entre des États. Les francophones sont partout à travers le monde. Dans les pays membres de la francophonie, le français bénéficie d’une position permettant sa diffusion et son expansion à un plus grand nombre de locuteurs. Haïti est l’un des pays donnant un coup de pouce à cette instance, particulièrement à travers la création littéraire.

Selon le linguiste Renauld Gauvain (2020), si la francophonie se diffuse à travers le monde – s’enrichit sous divers aspects, peut-on dire – le français haïtien y participe. Aux vues de ce chercheur, le français haïtien « est une variété de français propre à Haïti et différente à bien des égards des autres variétés de parlers francophones. Il est influencé par le milieu local, le CH, l’anglais et l’espagnol, Haïti partageant l’île d’Haïti avec la République dominicaine qui est de langue espagnole ». Cette contribution se manifeste à divers niveaux, notamment au plan lexico-sémantique.

De grosses pointures de la littérature haïtienne participent à la diffusion du français. Docteur Renauld Govain, doyen de la Faculté de Linguistique Appliquée/université d’État d’Haïti, scrute attentivement certaines œuvres de quatre écrivains haïtiens pour démontrer ce fait. L’immortel Dany Laferrière de l’Académie française est un exemple indiscutable. Yanick Lahens, première personnalité ayant occupé la chaire « Mondes francophones » au Collège de France, les écrivains patentés Lyonel Trouillot et Gary Victor sont ceux donnant une place à des mots décrivant des réalités propres aux locuteurs de la société haïtienne à travers leurs œuvres, dirait-on.

Voici quelques mots du français haïtien se trouvant dans quelques textes de ces écrivains. Ici, ils sont mis entre guillemets à partir des fragments sélectionnés par le linguiste Govain contribuant « au fait francophone ».

1- L’énigme du retour de Dany Laferrière

Ne rester qu’une brève nuit à Port-au-Prince avant de filer à Petit-Gôave pour revoir cette maison pas loin de l’ancienne « guildive» de mon grand-père (49).

La plupart des œuvres de Saint-Brice sont des « têtes sans corps », et elles font peur à ma femme (250). Tête-sans-corps = fantôme.

Les scènes hautement carnavalesques des « guédés », qui boivent de l’alcool et du vinaigre à tire-larigot tout en mangeant des tessons de bouteille.

Il leur avait volé leur « bon ange » (38).

2- Y. Lahens dans La couleur de l’aube (Sabine Wespieser, 2008):

Aujourd’hui quand tu poses le pied hors de ta maison tu es numéro joué à la « borlette », tu ne sais pas si tu y reviendras » (180).

3- Gary Victor dans Soro (Mémoire d’encrier, 2011).

Un homme sans âge, vêtu seulement d’un jeans et d’une « gwayabera » blanche (122).

4- L. Trouillot dans La belle amour humaine (Actes Sud, 2011) :

« Les commentateurs des matchs de foot qui font de la pub pour les importateurs de riz et de <> et aboient même dans les temps morts (18).

Renauld GOVAIN, «Le français haïtien et la contribution d’Haïti au fait francophone», Revue Internationale des Francophonies [En ligne], Cinquante ans de Francophonie institutionnelle.

Walner Olivier

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