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« Adlyne de sel et d’eau », trésor des instants confiés à la mémoire d’Adelson Elias


Ce dimanche 4 octobre, Adelson Elias signera à Petit-Goâve, sa ville natale, son deuxième recueil de poèmes intitulé : « Limbes qui tremblent suivi de Adlyne de sel et d’eau », publié chez les Editions Floraison.

Je n’attends pas la première vente signature du livre pour feuilleter ce bouquin coincé sous les poids d’un titre agaçant et galant. La poésie, comme un véritable trésor caché, permet au lecteur de rapiécer des morceaux d’instants de l’écrivain qui lui sont familiers et de se regarder en face. Par curiosité, je me suis dirigée vers la deuxième partie du livre. 

Avec une fraîcheur poétique qui inhibe la chaleur des mots, Adelson lance une invitation à ces instants passés timides – Je prends donc la poésie comme « le trésor des instants confiés à la mémoire de qui les a capturés dans le réseau des mots » pour répéter Claude Roy dans la préface de l’Anthologie de la poésie française du XXIème siècle -. C’est un concert de confidence qui se joue avec des morceaux de « je » et « tu ». Je peux prendre par exemple :

Je ne me suis jamais posé la question:

Pourquoi/ suis-je au monde?

je fais l’expérience/ de la trace/ de tes paumes

L’amour est compatissant. L’amour romantique noie son idéal d’éternité dans la fusion du couple. Donc, il y a une normalisation ou même une naturalisation du fait d’être compatissant. Cet élément fondamental est très utilisé dans les créations littéraires pour exprimer son attachement à l’autre. La poésie d’Adelson ne manque pas ces matériaux. Comme preuve, il a écrit :

c’est de la main que je soutiens/ chaque nuit/ blessée de tes pieds

de pailles brûlées

Je me ballade follement dans ses lignes poétiques comme j’imagine Elias se promenant dans les traces de la paume d’Adelyne. Une poésie sincère – je ne sais pas pour son amour -, une écriture qui se distingue, un poète qui se cache derrière l’éclat de la création. À chaque page, une gorgée d’alcool –une gorgée d’une jeune fille peu expérimentée dans le « gwòg dur ». Les vers donnent l’envie de boire :

la saison de neige/où seraient bues/nos quatre lèvres/de désirs brulées

Je ne peux pas fermer les yeux sur cette « neige » qui vient refroidir la chaleur de la lecture, un vieil vice de la poésie haïtienne….

Mais je continue :

Nous aménageons/des tuiles vertes /à la pluie de nos sueurs siamoises

Adelson Elias essaie de se divertir, de contempler ses instants à travers les pages. Ses « je » et ses « tu » cherchent l’apprivoisement d’un « nous ». Mais, c’est avec arrogance, exigence qu’il prétend s’adresser au « nous », tenant compte du niveau de poéticité qui imprègne son œuvre. La première vente signature, ce 4 octobre à Café Peroni pourra servir de prétextes pour engager de grandes discussions sur cette œuvre. 

Delyju B. Riama

delyju21@gmail.com

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